SPINAL TAP, quand la réalité dépasse la fiction.

Pour tout fan de rock, le visionnage du film SPIN̈AL TAP, sorti en 1984 et réalisé par Rob Reiner, est un passage obligatoire. A l’origine SPIN̈AL TAP est un groupe fictif de heavy metal créé en 1979 pour le pilote d’une série comique de la chaîne américaine ABC, qui se transformera en vrai faux documentaire sur les tribulations d’un quintet anglais formé par David St Hubbins (Michael McKean) au chant et à la guitare, Nigel Tufnel (Christopher Guest) à la guitare, Derek Smalls (Harry Shearer) à la basse, Viv Savage (David Kaff)

et pléthore de batteurs qui décèdent tous dans des conditions toujours rock’n’roll. Depuis sa sortie et bien que considéré comme un échec en salle (il a récolté moins du double de son budget), le film est devenu véritablement culte, grâce à des scènes toutes plus incroyables les unes que les autres : le mini Stonehenge, les amplis qui vont jusqu’à 11, le diner avec les dirigeants du label… Il est ressorti plusieurs fois au cinéma, a été exploité sur tous les supports possibles et imaginables dans de multiples éditions audio, vidéo, livres…

Et c’est là que la réalité dérape.

Le film est produit par la société Embassy Pictures. En 1985, Embassy est racheté par The Coca Cola qui revendra tout son catalogue à De Laurentiis Entertainment Group. C’est en rachetant le studio en 1989, que StudioCanal (filiale de Canal+ et Vivendi) devient propriétaire des droits du film.

Et c’est là que la réalité dérape.

D’après une vidéo, postée aujourd’hui par Harry Shearer sur son compte twitter, les trois acteurs et le réalisateur, ont reçu depuis 1984, en tout et pour tout :

•    81 dollars au titre des recettes sur les produits dérivés liés à « This Is SPIN̈AL TAP » entre 1984 et 2006 ;

•    98 dollars au titre des recettes liées aux droits musicaux (ce qui, toujours selon le musicien « suffit à s’acheter un mini-Stonehenge ») entre 1989 et 2006.

Or le comédien explique qu’un accord signé entre les 4 co-auteurs du film (Reiner, Guest, McKean et Shearer) et Embassy Pictures leur garantit « 40% des recettes nettes, calculées sur l’ensemble des sources de revenus, film, musique et produits dérivés ».

Lorsque l’on sait que le film a couté 2,5 millions de dollars et que, d’après le site boxofficemojo.com, il aurait récolté 4,7 millions durant son exploitation en salle aux USAs à sa sortie, vu son statut culte et l’engouement qu’il suscite encore aujourd’hui, ces sommes apparaissent comme étrangement dérisoires.

Toutefois, depuis l’acquisition des droits par Vivendi, la société explique que le film n’a généré aucun profit. Or au rachat du catalogue, Vivendi a, en toute logique, racheté aussi les arriérés de paiement des droits d’auteurs (sauf éventuelles dispositions particulières, peu probables).

Harry Shearer a donc porté plainte contre Vivendi en évoquant de « véritables manœuvres pour masquer les revenus d’exploitation […] afin de minimiser les droits » et réclame 125 millions de dollars de dommages et intérêts, au titre du préjudice subit et du manque à gagner depuis 32 ans.

En marge du procès, que Shearer explique intenter au nom de « tous ceux qui ont créé des films populaires et dont le talent n’a pas été justement rémunéré. », il a lancé le site www.fairnessrocks.com que nous vous invitons à consulter et qui récapitule l’ensemble des informations liées à cette plainte, ainsi qu’une campagne twitter utilisant le symbole #fairnessrocks.

Ce procès est le premier de cette ampleur, et pourrait ouvrir la voie à beaucoup d’autres, comme le souhaite le britannique. Il va s’en dire qu’il s’agit d’une affaire que nous suivrons de près et dont nous vous reparlerons dès que nous aurons d’autres informations.

18 octobre 2016 BLOG Webzine What the F***! , ,

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