Download Festival France 2016.

Voir la naissance d’un nouveau festival metal en France c’est toujours une vraie source d’impatience de la part des fans. C’est pour ça que pour sa première édition, à une semaine tout pile du Hellfest, la version Française du Download Festival  se devait de frapper fort. Vus le site et l’affiche annoncée, tout semblait bien parti.

Alors enfilons nos vestes à patchs, nos rangers et nos bouchons d’oreilles, c’est l’heure de mosher à l’hippodrome.

10,11 et 12 Juin 2016 - Hippodrome de Longchamp, Paris

VENDREDI 10

15h15. Malheureusement, dès l’ouverture des portes, des problèmes d’organisation et de billetterie se font déjà sentir. WE CAME AS ROMANS monte sur scène devant un site désespérément vide, pendant que notre journée commence par nos retrouvailles en interview avec Johannes d’AVATAR.

THE WILD LIES

15h45 - 16h30, Stage 3

A peine le temps de sortir des loges qu’il nous faut déjà courir vers la scène 3 pour profiter du concert des anglais de THE WILD LIES. Et force est de constater que malgré un son plus qu’approximatif, le chanteur Matthew Polley ne s’entendra pas pendant les trois quarts du concert, le quintet assure et confirme tout le bien qu’on pouvait penser d’eux sur leurs singles. « The Animal » et « Asteroid Central » font mouche et permettent à un public plutôt curieux de prendre toute la mesure des britanniques. Mention spéciale aux deux guitaristes : Zak Muller et Andre Ruffell, qui compensent le manque de voix dans le mix en abattant un travail impressionnant de mélodie. Bref, un concert court, qui démontre quand même que THE WILD LIES possède un potentiel certain.

Setlist THE WILD LIES:
Non communiquée

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GOJIRA

16h30 - 17h30, Mainstage

On bouge de quelques mètres à peine pour se retrouver devant la scène 1 et se manger dans les oreilles le mur sonore déployé par GOJIRA. D’entrée de jeu, Joe Duplantier me fait frissonner. Concentré comme jamais, la voix puissante et incroyablement juste, le chanteur se transcende et délivre une prestation impressionnante. Derrière lui, les trois autres musiciens sont tout aussi imposants : Jean-Michel Labadie laboure sa basse sans jamais faiblir, Christian Andreu aligne les riffs et les solos avec son habituelle dextérité et Mario Duplantier doit posséder un cerveau dans chaque membre pour réussir à cogner aussi fort avec une telle précision. Ils réussissent même à dépasser un son monstrueux, bien qu’encore une fois trop riche en basse et en batterie (« L’Enfant Sauvage » est méconnaissable) pour réaffirmer le statut des Landais dans le paysage métal Français. Les deux nouveaux morceaux, « Stranded » et « Silvera » se fondent très bien entre les poids lourds « The Heaviest Matter Of The Universe » et « Flying Whales », dont le sublime riff fait toujours son petit effet, si bien qu’on se brise la nuque pendant la majorité de leur set. La setlist est efficace et parfaitement calibrée pour un show d’une heure qui passera bien trop vite, surtout que le son ne bouge pas d’un iota durant cette période. Un bon concert, qui aura correctement préparé le terrain pour la sortie de « Magma » et la tournée qui s’en suivra, qui s’annonce déjà conséquente.

Setlist GOJIRA :
« Toxic Garbage Island »
« L’Enfant Sauvage »
« The Heaviest Matter Of The Universe »
« Silvera »
« Stranded »
« Flying Whales »
« Wisdom Comes »
« Backbone »
« Terra Inc. »
« Explosia »
« Vacuity »

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AVATAR

17h30 - 18h30, Stage 2

Sitôt les landais sortis de scène, on traverse le site (et les files interminables pour recharger les puces cashless) pour retrouver les cinq suédois d’AVATAR, et ce qui fut probablement le pire son de la journée du Vendredi. Bien que situé près de la scène, je n’ai pratiquement pas entendu les guitares et le chant pendant les quatre premiers morceaux. Johannes Eckerström ne s’entend manifestement pas, et la batterie de John Alfredsson prend tout le mix. Toutefois, après une amélioration relative sur l’enchaînement « Paint Me Red »/« Bloody Angel », qui nous permet d’entendre à peu près les guitares mais pas du tout le chant, on profite d’un groupe désormais rodé qui délivre une prestation scénique de bonne facture, marqué par l’excellente performance d’un batteur dont les mimiques régalent tout autant qu’elles font peur. Le jeu de Johannes avec le public s’établit progressivement, ce dernier se montrant un peu clairsemé et peu réactif sur les premiers morceaux. La setlist fait la part belle à l’excellent « Feathers And Flesh », avec cinq morceaux, et des chansons comme « For The Swarm », le phénoménal « Tooth Beak And Claw », le très théatral « The Eagle Has Landed » ou l’étrangement festif « Night Never Ending », démontrent que cet album regorge vraiment de tubes en puissance et impose AVATAR comme l’une des formations aujourd’hui les plus intéréssantes musicalement. Un concert plombé par une sonorisation aux fraises, en dessous de ce à quoi nous étions habitués avec AVATAR. Et c’est bien dommage.

Setlist AVATAR :
« For The Swarm »
« Hail The Apocalypse »
« One More Hill »
« Paint Me Red »
« Bloody Angel »
« The Eagle Has Landed »
« Tooth, Beak And Claw »
« Torn Apart »
« Smells Like A Freakshow »
« Let It Burn »
« Night Never Ending »

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DEFTONES

18h30 - 19h30, Mainstage

Nouvelle traversée du site, pour repasser sur la mainstage, et la vision des files d’attente me fait comprendre qu’il me faut choisir entre me réhydrater et profiter des concerts. DEFTONES s’apprêtant à monter sur scène le choix est rapidement fait, les californiens étant sur la liste des groupes à voir cet été. Et là encore, on ressortira de cette heure de live avec un gout un peu étrange dans la bouche. Si Chino Moreno fait le show et se montre extrêmement communicatif avec les fans, arpentant la scène de long en large, et allant même jusqu’à se coller aux barrières de sécurité pour s’en rapprocher, il est parfois à peine audible, chante faux et hors du rythme à plusieurs reprises, apparemment lui non plus ne s’entend pas. Toutefois le reste du groupe, le bassiste Sergio Vega et le guitariste Stephen Carpenter en tête, démontre toute son expérience et déroule, sans vraiment donner le sentiment de se forcer non plus, un concert aussi carré qu’efficace, bien que la musique soit, en cette fin d’après-midi plus lente et atmosphérique que dans mon souvenir, notamment sur des titres comme « Knife Prty » ou « You’ve Seen The Butcher ». Un concert très étrange, difficile à évaluer, mais qui aura ravi les fans, visiblement nombreux et très présents ce jour-là.

Setlist DEFTONES :
« Rocket Skates »
« My Own Summer (Shove It) »
« Be Quiet And Drive (Far Away) »
« Swerve City »
« Rosemary »
« Diamond Eyes »
« You’ve Seen The Butcher »
« Prayers/Triangles »
« Digital Bath »
« Knife Party »
« Change (In The House Of Flies) »
« Rubicon »
« Engine No.9 »

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ANTHRAX

19h30 - 20h30, Stage 2

Pour le fan que je suis, « For All Kings » est encore un gros point d’interrogation dans la discographie d’ANTHRAX. Et connaissant les New-yorkais, j’étais quasiment certains que la scène apporterais la réponse à mes questions. Et je ne fus pas déçu, car le mal-aimé du Big4 a tout simplement détruit la scène sur son passage. Le seul défaut du concert, c’est que par moment la guitare de Scott Ian était à peine audible. Joey Belladonna est impérial du début à la fin, il saute partout, harangue le public comme un diable sorti de sa boîte et réussit à fédérer tout le monde dès la fin de « You Gotta Believe ». Dès que démarre « Caught In A Mosh », la machine est à fond et le duo rythmique Bello/Benante enterre la concurrence, le côté punk de leurs jeux étant particulièrement prononcé ce soir. A ma grande surprise, malgré sa discrétion, Jonathan Donais est parfaitement intégré, offre des solis redoutable d’intensité, et après le monumental « Breathing Lightning », il m’a définitivement conquis. La reprise du « Antisocial » de TRUST est évidemment un grand succès et le public scandera le refrain original, là ou Belladonna chante en Anglais, pour un mélange des langues qui rajoute encore un peu de magie à ce tube ultime du rock Français. « Fight’Em Til You Can’t » est prétexte à un circle pit encouragé par un Scott Ian possédé, qui martèle sa guitare comme il faut et dont l’énergie communicative met tout le monde d’accord. Tout va à fond, on moshe, on pogote, on slamme, et on prend un pied énorme devant une prestation infaillible qui convainc aisément tous les incrédules que ANTHRAX, c’est le bien. Par contre, 1h de show c’est bien trop court et même si « Indians » permet aux cinq musiciens de finir en beauté, il est évident qu’on doit les revoir rapidement.

Setlist ANTHRAX :
« You Gotta Believe »
« Caught In A Mosh »
« Got the Time » (Reprise de JOE JACKSON)
« Fight ‘Em ‘Til You Can’t »
« Evil Twin »
« Antisocial » (Reprise de TRUST)
« Breathing Lightning »
« Indians »

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20h30. C’est sur cette note joyeuse et positive que s’achève notre 1ère journée de festival, on regagne nos pénates la tête pleine de riffs, de plaisirs mais aussi de déceptions, et d’un brin de frustration. Après un début de festival en demi-teinte, espérons que le Samedi se déroule sous de meilleurs auspices.

SAMEDI 11

SHINEDOWN

14h00 - 14h30, Stage 3

Après une longue nuit de sommeil, il est déjà temps d’attaquer la seconde journée de musique. On commence tout de suite avec les américains de SHINEDOWN, qui ouvrent la scène 3 devant un gros parterre de fans déjà acquis à leur cause. Et je suis totalement scotché par la performance du quatuor. En à peine six morceaux, les floridiens s’affirment comme des bêtes de scène, grâce notamment à l’énergie débordante du chanteur Brent Smith qui harangue le public à la moindre occasion. Le puissant « Diamond Eyes » permet au batteur Barry Kerch de cogner comme un diable et de faire sauter tout le monde en rythme, tous les morceaux sont des tubes, soutenus par une grande alchimie entre Brent Smith dont la voix puissante est un délice pour les oreilles et Zach Myers qui déroule ses parties de guitare sans faillir et offre des mélodies imparables. Le son est largement meilleur que la veille, et permet à tous de profiter d’une grosse claque qui me donne envie de revoir SHINEDOWN dès que possible.

Setlist SHINEDOWN:
« Asking For It »
« Diamond Eyes (Boom-Lay Boom-Lay Boom) »
« Enemies »
« Second Chance »
« Cut The Cord »
« Sound Of Madness »

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14h30. C’est avec un énorme sourire que nous retrouvons les gascons de THE INSPECTOR CLUZO pour une interview champêtre, qui me met dans l’attente totale du concert de ce soir.

MASS HYSTERIA

15h00 - 16h00, Stage 2

En à peine une heure, alors que de nombreux festivaliers viennent de se réveiller, MASS HYSTERIA a tout détruit. Il n’y a rien de plus à dire. Tout, ou presque, fut absolument parfait dans de concert. Seule ombre au tableau, Mouss est mixé en retrait sur les premiers morceaux mais tout reviendra à la normale dès le surpuissant « Vector Equilibrium ». Sinon ça riffe monstrueux grâce à Yann et Fred, la paire de guitariste est en osmose totale et transcende la lourdeur et la puissance des titres extraits de « Matière Noire »  Raphael Mercier dispose toujours de sa frappe monumentale qui, allié à la puissance du nouveau bassiste Thomas, impose un rythme effréné au Download. Et la foule ne s’y trompe pas, offrant au combo un accueil digne de son statut de fleuron du métal Français : les moshs et circle pits sont intenses, surtout quand Yann, Fred et Mouss se mettent au milieu de l’un d’eux et le wall of death réclamé pendant « Furia » est immédiatement un succès… Pendant son set, MASS HYSTERIA s’est simplement transformé en sextet, le plus naturellement du monde. Et si la setlist fait la part belle au dernier opus de la formation, chaque morceau déchainant un peu plus l’énergie des furieux, elle démontre toute la puissance de cet album, de vingt ans de colère accumulée par cinq musiciens qui donnent tout ce qu’ils ont pour leurs spectateurs et qui restent vrai du début à la fin. Un grand moment, offert par un grand groupe, magnifié par une interprétation de « L’ Enfer Des Dieux » qui m’aura filé la chair de poule.

Setlist MASS HYSTERIA :
« Chiens De La Casse »
« Vae Soli »
« Vector Equilibrium »
« World On Fire »
« P4 »
« Une Somme De Détails »
« L’Enfer Des Dieux »
« Notre Complot »
« Positif A Bloc »
« Contraddiction »
« Plus Que Du Métal »
« Furia »

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SAXON

16h00 - 17h00, Mainstage

Assister à un concert de SAXON c’est comme revoir son film préféré, les surprises sont peu nombreuses et on connaît plus ou moins tous les ressorts de l’intrigue, mais il reste toujours des détails qu’on redécouvre avec plaisir. Si un seul morceau de « Battering Ram » sera joué, c’est bien parce que les classiques de l’éminent membre de la NWOBHM sont indémodables et s’écoutent toujours aussi facilement en concert. « Battalions  Of Steel », « Dogs Of War », « Wheels Of Steel », « Strong Arm Of The Law »… on a beau les connaitre par cœur, quand on entend les grattes de Paul Quinn et Doug Scarratt enchainer des riffs de pur heavy metal avec autant de passion 40 ans après leurs débuts, on ne peut s’empêcher de hocher la tête et taper du pied, sur le rythme des coups de boutoir de Nigel Glockler, qui malgré son anévrisme l’an passé n’a absolument rien perdu de son jeu fluide et groovy. Cet homme force le respect. Et puis devant tout ça il y a l’indétrônable Biff Byford, qui en dépit de ses 65 printemps, continue de s’amuser comme un gamin dès qu’il en a l’occasion. Par exemple, quand il ne peut pas manger la guitare de Paul Quinn, il s’attaque à une setlist qui trainait par la, tout en continuant de dialoguer volontiers avec un public composé d’habitués qui prennent leur pied et de novices qui ne peuvent qu’être conquis. Un groupe qui impose le respect, et devrait être la référence pour tous les jeunes groupes qui veulent faire du trve heavy metal.

Setlist SAXON :
« Battering Ram »
« Motorcycle Man »
« Sacrifice »
« Power And The Glory »
« Battalions Of Steel »
« 20,000 Ft »
« Dogs Of War »
« Heavy Metal Thunder »
« Strong Arm Of The Law »
« Crusader »
« Wheels Of Steel »
« Princess Of The Night »

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17h00. Sitôt SAXON terminé, nous nous empressons de retrouver un Yann Heurtaux épuisé après l’ouragan MASS HYSTERIA mais qui prendra quand même de son temps pour répondre à nos questions.

BABYMETAL

18h00 - 19h00, Mainstage

Tout le monde, ou presque, va cracher sur le concert de BABYMETAL. Pourquoi ? Parce que le concert a commencé avec 30 minutes de retards, la faute à des problèmes techniques importants, selon la rumeur entendue le reste du week end. Ensuite parce qu’il ne s’est rien passé pendant le concert, pas de rythme, pas de présence, rien… Mais je ne dirais rien parce que les japonais ont eu l’honneur d’avoir l’un des pires sons que j’ai jamais entendu en festival. Rien n’est audible : les guitares, le chant, la basse et les chœurs sont noyés dans la grosse caisse pendant 30 minutes. Impossible pour le groupe de faire quoi que ce soit dans ces conditions. Donc je prendrais donc mon mal en patience et reverrais BABYMETAL une prochaine fois.

Setlist BABYMETAL :
« Babymetal Death »
« Gimme Chocolate!! »
« Catch Me If You Can »
« Megitsune »
« Karate »
« Road Of Resistance »

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AMON AMARTH

19h00 - 20h00, Stage 2

Retour sur la scène 2, ou nous sommes accueillis par deux énormes têtes de dragons des pierres ornées de runes. Pas de doutes, AMON AMARTH est là, et le public exprime son contentement dès que retentit le riff ravageur de « The Pursuit Of Vikings », titre incontournable des suédois. Et immédiatement on remarque que le quintet a préparé une scénographie aux petits oignons pour cette tournée. Des petits lance flammes sont positionnées à l’avant de la scène et les deux énormes figures de proues de drakkars crachent de la fumée, mais surtout ces dernières renferment des escaliers qui permettent aux musiciens de monter dessus tels leurs ancêtres envahissant Paris. Musicalement, c’est également un sans-faute, le son étant pour une fois, impeccable du début à la fin. Johan Hegg se montrera d’ailleurs particulièrement souriant et communicatif, apprenant même un proverbe suédois sur la bière au public. D’ailleurs, si les classiques sont de la partie, les extraits de « Jomsviking » sont déjà connus de tous les fans et le refrain hyper efficace de « Raise Your Horns » sera repris en cœur par tout le monde. Tout s’enchaine très vite, pendant que le trio Olavi Mikkonen/Johan Söderberg/Ted Lundström brise des cous à chaque riff et ligne de basse et que le batteur Jocke Wallgren, déjà parfaitement intégré, use avec maestria d’une frappe de bucheron pour faire renaître les légendes Vikings sous les yeux du Download. Et pour achever de mettre tout le monde d’accord, le groupe déploie tout plein de pyrotechnie sur le monumental final « Twilight Of The Thunder God ». AMON AMARTH n’a clairement plus rien à démontrer et s’impose encore et toujours comme une valeur sure du live.

Setlist AMON AMARTH :
« The Pursuit Of Vikings »
« As Loke Falls »
« First Kill »
« Runes To My Memory »
« Destroyer Of The Universe »
« Death In Fire »
« Deceiver Of The Gods »
« War Of The Gods »
« Raise Your Horns »
« Guardians Of Asgaard »
« Twilight Of The Thunder God »

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BIFFY CLYRO

20h00 - 21h00, Mainstage

Parfois, la présence de certains groupes sur une affiche semble étonnante. Mais imaginer BIFFY CLYRO dans un festival de metal, j’aurais eu beaucoup de mal, et force est de constater que le public, bien que présent, est plus clairsemé que pour d’autres groupes. Et comme toujours les absents ont eu tort, car le trio, transformé en quintet sur scène, a offert un concert d’une intensité émotionnelle rare. Simon Neill, même si il reste immobile derrière son pied de micro, est totalement habité dès qu’il chante et son charisme magnétique fait qu’on n’en décroche pas les yeux. Sa prestation de haut vol sur « Living Is A Problem Because Everything Dies » me fait encore frissonner et sa voix cristalline me tire une petite larme sur le magnifique « Black Chandelier », morceau sur lequel les chœurs du bassiste James Johnston sont splendides. Pour le reste, je me mords les doigts de ne pas connaître plus la discographie des Ecossais, tant chaque morceau est plus beau que le précédent et que je prends gifle sur gifle. Le mélange des styles, allant du prog rock anglais à des touches de heavy metal, se fait avec tant de spontanéité, notamment du coté de la batterie de Ben Johnston, qu’il est impossible d’y résister. On se laisse alors entrainer dans l’univers étrange et unique de la formation pendant une heure qui file dans que l’on s’en rende compte. Les fans tous massés entre les deux barrières de sécurité, s’en donnent à cœur joie et transmettent leur plaisir au reste du public. Un groupe qui aurait mérité une audience bien plus importante, et que j’ai vraiment hâte de revoir sur scène. Reste cet inexplicable décalage des écrans de la scène qui fit hurler au playback à une partie du public, décalage qui d’ailleurs reviendra pour d’autres groupes.

Setlist BIFFY CLYRO:
« Wolves Of Winter »
« Living Is A Problem Because Everything Dies »
« Biblical »
« Animal Style »
« Born On A Horse »
« That Golden Rule »
« Bubbles »
« Black Chandelier »
« 9/15ths »
« The Captain »
« Sounds Like Balloons »
« Many Of Horror (When We Collide) »
« Mountains »
« Stingin’ Belle »

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THE INSPECTOR CLUZO

21h00 - 21h45, Stage 3

Le son de THE INSPECTOR CLUZO est fort. Beaucoup, beaucoup trop fort, et les nombreux larsens qui nous vrillent les tympans en début de concert sont regrettables. Parce que le duo gascon est fou, raide tapé même. Malcolm monte sur scène et après un premier morceau redoutable, déclare « Ceci est un concert de live. Il est joué à quatre mains et il n’y a pas de putain d’ordinateur. D’ailleurs si je m’arrête, plus de musique ». Et il s’arrête pendant quelques secondes, ovationné par un public qui n’en croit pas ses yeux. Phil s’avère tout aussi redoutable sous son béret, attrapant toutes ses percus avec un timing irréprochable, et cognant comme un forcené dès qu’il en a l’opportunité. Les 45 minutes passées en leur compagnie devant la scène 3 se dérouleront ainsi, entre esprit rock poussé à l’extrême et une émotion particulière lorsque Phil quitte sa batterie pour laisser Malcom dédicacer « The Run » à leurs grands-parents respectifs qui, je cite, « nous ont transmis le respect du terroir », ce morceau est d’ailleurs absolument sublimé par le respect témoigné par tous les spectateurs qui se balancent en rythme pour accompagner le musicien. Après un dernier tacle aux occitanistes, aux bassistes et aux habitants de Dax (et aux bassistes de Dax, forcément), le tube ultime « Fuck The Bass Player » retentit et s’avère un excellent prétexte pour détruire la batterie de Phil qui termine debout sur sa grosse caisse devant un parterre déchainé qui réclamera un rappel à corps et à cris, pour le plus grand plaisir des deux musiciens. Les artisans de THE INSPECTOR CLUZO ont frappé extrêmement fort ce soir, conquérant totalement le public de leur premier festival métal. Un groupe que vous ne devez manquer sous aucun prétexte, qui met l’ambiance comme aucun autre et qui aura marqué bon nombres d’esprits et le ptit coeur de Shyanna.

Setlist THE INSPECTOR CLUZO :
Non communiquée

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21h45. C’est donc avec des étoiles dans les yeux, et prenant note de l’invitation de THE INSPECTOR CLUZO de passer les retrouver à leur ferme gasconne, que nous terminons cette deuxième journée de festival, bien plus agréable que la première. Adishatz les amis.

DIMANCHE 12

THE SHRINE

14h00 - 14h30, Stage 3

La météo de ce dimanche s’annonce bien moins clémente que la veille et c’est devant un public engourdi par la pluie et la fatigue que THE SHRINE monte sur la scène 3. Comme on pouvait s’y attendre, leur performance réveille tout le monde à grand coup de riffs ravageurs, d’un chant allumé et d’un duo basse batterie aussi puissant que groovy. Dès l’ouverture sur l’accrocheur « Tripping Corpse », Josh Landau, nous explique qu’ils arrivent tout droit du Download anglais et qu’ils ont roulé toute la nuit pour arriver pile pour le début de leur concert. Le groupe joue donc uniquement à l’adrénaline et ça se sent : Landau en fait des tonnes pendant ses solos, Court Murphy est calé derrière sa basse, concentré et affuté, et Jeff Murray frappe sa batterie comme si sa vie en dépendait. Le tout fonctionne du feu de dieu, grâce à un son cru et primitif, rappelant le punk hardcore des années 80, autant que le metal de BLACK SABBATH et THIN LIZZY. Cerise sur le gâteau, les trois musiciens sont tout heureux de faire monter Beb du groupe français SOGGY, pour « Waiting For The War », dont j’ignorais qu’elle fut une reprise. Et ce final, totalement punk et barré, qui ne ressemble à rien permet à THE SHRINE de placer la barre très haut. Un super concert, THE SHRINE à revoir très vite et SOGGY à redécouvrir tout aussi rapidement.

Setlist THE SHRINE :
« Tripping Corpse »
« Louise » (A confirmer)
« The Vulture »
« Worship »
« Rare Breed »
« Dusted And Busted »
« Nothing Forever »
« Waiting For The War » (Reprise de SOGGY, avec Beb au chant)

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SKILLET

14h30 - 15h15, Mainstage

A peine remis de nos émotions, il est l’heure de retrouver les américains de SKILLET pour l’une de leurs rares dates en France. Et avant même leur montée sur scène, leurs fans sont déjà survoltés, scandant à tout rompre le nom de la formation. Néanmoins premier problème de taille pour apprécier le concert : sur la gauche de la scène, le chant est quasi inaudible alors que tout fonctionne correctement sur la droite. C’est donc difficilement que je profite du début du concert, le chant de John Cooper et les chœurs de Jen Ledgers étant le principal attrait du quatuor. Toutefois, juste avant le puissant « Hero », je me décale et peut donc apprécier un ensemble qui malgré la pluie affiche une énergie débordante, témoignant de leur envie de convaincre le public parisien. Et finalement au dela du chant, la paire formée par Korey Cooper, qui assure méchamment le double role guitare/claviers et Seth Morrisson abat un boulot impressionnant en permettant à SKILLET d’être tout aussi mélodique sur album qu’en live. D’ailleurs, nombreux sont les festivaliers à réagir aux méodies et refrains ravageurs qu’ils nous livrent, notamment sur le tube parfait qu’est « Monster », repris par tout le monde ou presque, sous l’impulsion d’un John Cooper, à la barbe impeccable, très élégant dans son rôle de frontman. Un concert court, un peu en dent de scie à cause du son pas toujours bon, mais qui confirme le bien qu’on pensait de SKILLET. En espérant qu’ils reviennent nous voir vite.

Setlist SKILLET :
« Whispers In The Dark »
« Sick Of It »
« Feel Invincible »
« Awake And Alive »
« Hero »
« Back From The Dead »
« Comatose »
« Monster »
« Rebirthing »

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LOFOFORA

15h00 - 16h00, Stage 2

Après la démonstration MASS HYSTERIA la veille, c’est au tour des vétérans de la scène française que sont LOFOFORA de monter sur la scène 2 pour tout casser. Et malheureusement, le concert s’avère bien moins convaincant que ce à quoi on pouvait s’attendre. Musicalement on s’y retrouve bien, le mur sonore de hardcore et de punk est bien présent, grâce notamment à la basse ronde et surpuissante de Phil Curty qui fait bouger des cous et des culs et à la guitare acérée de Daniel Descieux dont les riffs saturés de distorsion vrillent les tympans et sonnent l’heure de la révolte sur un « Le Fond Et La Forme » atomique qui n’a absolument pas pris une ride. Coté communication, Reuno en fait des tonnes, comme à son habitude, se payant la tête de Denis Baupin, des patrons de la Défense (il fera d’ailleurs justement remarquer que le quartier se trouve pile face à la scène 2), du président et du premier ministre… Il invite également le public à mosher à tout va pour tout casser. Seulement, dès qu’il chante il disparaît dans le mix, du coup on ne profite pas de sa voix ni de ses textes et toute l’energie qu’il investit entre les morceaux disparaît. Un concert qui manque également de rythme, puisque tout semble être calé sur le même tempo. Tempo qui rend la globalité de la performance de plus en plus molle. A priori les fans les plus fervents du groupe ont été convaincus mais dans l’ensemble il manquait un petit quelque chose pour que la sauce prenne complétement.

Setlist LOFOFORA :
« L’Oeuf »
« Le Fond Et La Forme »
« Pornolitique »
« Les Gens »
« Dur Comme Fer »
« Contre Les Murs »
« Utopiste »
« Élixir »
« Pyromane »
« Macho Blues »
« Carapace »
« Auto-Pilote »
« Double A »

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TRIVIUM

16h00 - 17h00, Mainstage

C’est en attendant mon interview avec l’invraisemblable Benji Webbe de SKINDRED que je profite de loin du concert de TRIVIUM. Et au-delà de toutes mes attentes, je suis agréablement surpris par ce que j’entends, la musique du quatuor s’avérant plutôt plaisante en live. Et le tout, aidé par un Matt Heafy au taquet qui enchaine les « fucking » à la vitesse de la lumière, me fait plutôt envie. Un concert que j’ai manqué et que je regrette un peu, et un groupe sur lequel je me repencherais volontiers.

Setlist TRIVIUM :
« Strife »
« Rain »
« Watch The World Burn »
« Like Light To The Flies »
« Dead And Gone »
« Throes Of Perdition »
« Down From The Sky »
« Until The World Goes Cold »
« Pull Harder On The Strings Of Your Martyr »

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SABATON

18h00 - 19h00, Mainstage

Il pleut des hallebardes sur Longchamp et le site se transforme peu à peu en champ de boue alors que le public est désormais massivement agglutiné devant la scène 1. Pour RAMMSTEIN ? Probable. Mais avant tout, il est la pour SABATON qui, malgré des problèmes d’avions, monte sur scène après une reprise de « You’re In The Army Now , qui fait monter la température et dont le refrain sera scandée par tout le monde. L’ovation du public à son arrivée laisse Joakim Broden bouche bée. Le chanteur fera d’ailleurs preuve d’une grande humilité en voyant que la ferveur des spectateurs ne faiblit pas malgré la pluie, allant même jusqu’à offrir ses lunettes de soleil à une fan visiblement ravie. Les cinq suédois offriront une performance sans failles, qui enterre une bonne partie de la concurrence et les places parmi les tous meilleurs groupes live actuels. Bravant la pluie, ils se placent à l’avant de la scène (Broden ira même au contact du public sur la barrière « si vous êtes mouillés, alors moi aussi je le serais »). Le nouveau morceau « The Lost Batallion », fonctionne du feu de dieu et accroit l’impatience de pouvoir écouter leur nouvel album, pendant que les morceaux de « Heroes », le surpuissant « Resist And Bite » en tête, sont déjà des classiques. Toujours souriant, Chris Rörland introduira même un autre morceau… qui s’avère être une reprise de « Wind Of Change » de SCORPIONS, prétexte à lancer « To Hell And Back », acclamé par une foule sautant en rythme. Enchainant les problèmes techniques liés à la pluie (nombreux changements de micros, instruments à essuyer…) le groupe quitte plusieurs fois la scène mais revient toujours plus efficace, offrant ainsi à un festival totalement acquis à sa cause, qui tape des mains, chante à l’unisson et reprend comme un seul homme tous les refrains, un show qui fait oublier le temps et redonne de l’énergie à tout le monde. Le point d’orgue qu’est le final « Primo Victoria »/« Metal Crüe » prouve que SABATON, en live, ça bute.

Setlist SABATON :
« Ghost Division »
« Carolus Rex »
« Swedish Pagans »
« The Art Of War »
« Resist And Bite »
« The Lost Battalion »
« Wind Of Change » (Reprise de Scorpions, extrait)
« To Hell And Back »
« Night Witches »
« Primo Victoria »
« Metal Crüe »

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SKINDRED

19h00 - 19h45, Stage 3

En parlant de buter, messieurs les promoteurs, vous serez gentils de ne plus jamais mettre SKINDRED sous une petite tente. Parce que pour la venue des anglais, la scène 3 est pleine à craquer et une bonne partie du public ne verra absolument rien. C’est fort dommage car, pour continuer sur la lancée de SABATON, Benji Webbe et sa bande offrent un véritable spectacle. Ouvrant sur un remix ragga de la marche impériale de Star Wars et un « Under Attack » qui annonce la couleur. Le frontman est dans une forme olympique et conduit la foule tel le joueur de flute de Hamelin, n’hésitant pas à ordonner à ses camarades de couper la musique dès que quelque chose lui semble trop mou, ou quand un seul spectateur des premiers rangs n’est pas en train de sauter. Et les fans de jouer le jeu pour envoyer des « good vibes » toujours plus forte aux gallois. Côté musique, le trio Michael Fry à la guitare, Dan Pugsley à la basse et Arya Goggin à la batterie est toujours aussi magistral et impose sa puissance metal et son groove ragga dancehall pour faire danser tout le monde dans une grande fête musicale. Quant au DJ Dan Sturgess, il démontre que bien utilisés, les samples, boucles et autres outils informatiques peuvent vraiment rehausser des morceaux comme le fabuleux « Sound The Siren » qui fait des ravages sur l’hippodrome. Le DJ et le chanteur annoncent d’ailleurs l’un des morceaux les plus heavy que le public ait jamais entendu… avant de lancer un sample de Justin Bieber en intro de « Trouble ». Après une dédicace à Lemmy, Bowie et Prince, et un Newport Helicopter pas forcément suivi par tout le monde (en même temps, retirer sa chemise sous la pluie, c’est pas pour moi), le final « Warning » achève de faire sauter tout le monde, et clôt un concert redoutable, qui aura encore énergisé le festival entier.

Setlist SKINDRED :
« Under Attack »
« Rat Race »
« Doom Riff »
« Pressure »
« Sound the Siren »
« Trouble »
« Kill the Power »
« Nobody »
« Warning »

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VOLBEAT

19h50 - 21h05, Mainstage

Malheureusement, l’énergie ne se transmettra pas au concert de VOLBEAT, qui restera l’une de mes plus grandes déceptions de ce festival. Si Poulsen en fait des tonnes pour essayer de faire participer un public désespérément apathique, qui ne connaît apparemment pas l’intro du « Ring Of Fire » de JOHNNY CASH, sa performance globale est en demi-teinte. Il a visiblement perdu une partie de son charisme et de son énergie ce soir. Mais à y regarder de plus près c’est toute la musique de VOLBEAT qui a visiblement perdu de son groove si accrocheur. « The Devil’s Bleeding Crown » ne tient que grâce à la voix toujours au poil de son chanteur. Derrière, Rob Caggianno est aux abonnés absents et déroule ses parties sans grande conviction. Même ses solis, d’habitude percutants, ne relancent pas la machine. Mais surtout, dès qu’il apparaît sur les écrans, le batteur Jon Larsen donne clairement l’impression de se faire royalement chier, et ça se ressent dans son jeu, qui traine tout le monde vers le bas. On a plusieurs fois l’impression que ça va décoller, sur « Sad Man’s Tongue », sur « The Lonesome Rider » ou sur le très metal « Dead But Rising », mais rien n’y fait, ça ne prend pas et on se retrouve devant une performance palote après celles de SABATON et de SKINDRED. Avec un son pourtant clair et une fanbase nombreuse, un raté inattendu qui couplé à un album en demi-teinte, n’augure rien de bon.

Setlist VOLBEAT :
« The Devil’s Bleeding Crown »
« Heaven Nor Hell/A Warrior’s Call/I Only Want To Be with You »
« Sad Man’s Tongue »
« Lola Montez »
« Hallelujah Goat »
« The Lonesome Rider »
« For Evigt »
« Dead But Rising »
« 16 Dollars »
« Goodbye Forever »
« Fallen »
« Doc Holliday »
« Seal The Deal »
« Still Counting »

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MEGADETH

21h00 - 22h00, Stage 2

Si Chris Adler n’est pas de la partie, savoir que c’est mon chouchou Dirk Verbeuren qui le remplace sur cette tournée me remplit de beaucoup de joie. Et l’entrée triomphale du quatuor sur « Hangar 18 » annonce la couleur : MEGADETH est en grande forme et s’apprête à nous gratifier l’un de ses meilleurs concerts Français depuis longtemps. Grâce notamment, à un Kiko Loureiro impérial qui offre des harmonies et duels de guitares de très haut vol avec un Mustaine légèrement en retrait qui laisse parler la musique plutôt que de dialoguer avec le public. Il faut le reconnaître, cette formule fonctionne toujours aussi bien auprès des festivaliers profitant de la fin de la pluie pour répondre au diapason de la performance carrée des américains. L’alchimie Verbeuren/Ellefson ajoute aux nombreux extraits de « Dystopia » un groove et une percussion qui les rendent encore meilleurs que sur album. La formation est fière de son dernier opus, avec raison, car « The Threat Is Real », « Dystopia », « Fatal Illusion » et le sombre et agressif « Post-American World » s’avèrent tout aussi redoutables que les classiques du combo. Malgré des problèmes de pied de micro en début de concert, Dave Mustaine est particulièrement en forme et en voix, ce qui permet de profiter d’un « Sweating Bullets » particulièrement vicieux et hargneux, et surtout d’un « A Tout Le Monde », dont le refrain en Français fait toujours son petit effet dans nos contrées. Coté public, si une partie des spectateurs sont en place pour RAMMSTEIN, les fans hardcore d’un des piliers du Big 4 s’en donnent à cœur joie et scandent tous les refrains quand ils ne sont pas en train de pogoter méchamment. MEGADETH ne semble pas souffrir du poids des années, et réussit comme souvent à offrir juste assez de nouveautés pour rendre ses concerts intéressants et plaisants. Un excellent moment et des grands musiciens.

Setlist MEGADETH :
« Hangar 18 »
« The Threat Is Real »
« She-Wolf »
« Post American World »
« Trust »
« Fatal Illusion »
« Sweating Bullets »
« Dystopia »
« A Tout Le Monde »
« Symphony Of Destruction »
« Peace Sells »
« Holy Wars…The Punishment Due »

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RAMMSTEIN

22h00 - 23h30, Mainstage

Malgré les messages « ne filmez pas, profitez du concert » diffusés en boucle sur les écrans de la mainstage, les portables et appareils photo/vidéo sont déjà de sortie (ce qui aurait fait rire jaune Shyanna) alors que débute le décompte pour le concert de RAMMSTEIN. Dès l’introduction, le show est là : Flake, en tenue orange fluo derrière ses claviers, démarre le concert, vite rejoint par Christoph Schneider et son jeu de batterie ultra martial. Deux racks de projecteurs descendent sur scène, portant Paul Landers et Richard Kruspe envoyant un riff calibré et efficace, qui ne s’interrompt que pour l’entrée en scène d’un Till Lindemann qui mime des claquettes. Alors commence la litanie des titres cultes des allemands. Il s’agit d’un morceau titre « Ramm4 », composé spécialement pour cette tournée. Lorsque le refrain « Ja. Nein. Rammstein ! » fait trembler le sol de Longchamp, on comprend que que les Berlinois sont « toujours là ». RAMMSTEIN reste la référence en terme de show. Pyrotechnie à outrance, fausse ceinture d’explosifs sur le toujours détonnant « Zerstören » (à la fin duquel le groupe affichera le symbole de l’hommage aux victimes du Bataclan), lance-flammes faciaux sur « Feuer Frei », guitares lance-flammes, Flake placé dans une baignoire et sur lequel on verse des feux de bengale (« Ich Tuh Dir Weh ») et feux d’artifices à n’en plus finir. Tout est dans une démesure assumée. Les tubes sont repris à gorge déployée par une foule unie qui connait tout le répertoire teuton par cœur. « Ich Will » et son jeu de questions réponses est absolument imparable, « Feuer Frei » et ses « Bang, Bang » assourdissants est toujours un plaisir, et l’intro magnifiquement délicate de « Seemann », jouée par le bassiste Oliver Riedel, réussit le tour de force de stopper net la foule alors pendue aux doigts d’un musicien toujours discret mais fondamental chez RAMMSTEIN. La setlist est un best of revisitant toute la carrière de la formation, condensé pour durer 90 minutes, et principalement axée sur Mutter dont 6 titres sont au programme, et qui reste visiblement leur opus le plus apprécié. Après la reprise parfaite du « Stripped » de DEPECHE MODE tout s’éteint alors qu’un murmure de déception se fait entendre. Mais une loupiote permet d’entrevoir les ailes de Till, juste avant que le groupe ne remonte sur scène pour un rappel, qui commence par « Früling In Paris », seul morceau capable de faire hurler du Edith Piaf à des milliers de métalleux surexcités. Et de continuer avec les monstrueux « Amerika », « Engel » et les ailes de Till en flammes. Enfin vient « Sonne », toujours aussi intense, qui clôture ce grand moment et nous rappelle pourquoi RAMMSTEIN est immense, expliquant le grand vide qu’ils laissent sitôt qu’ils ne tournent plus.

Setlist RAMMSTEIN :
« Ramm4 »
« Reise, Reise »
« Hallelujah »
« Zerstören »
« Keine Lust »
« Feuer Frei! »
« Seemann »
« Ich Tuh Dir Weh »
« Du Riechst So Gut »
« Mein Herz Brennt »
« Links 2-3-4 »
« Ich Will »
« Du Hast »
« Stripped » (Reprise de DEPECHE MODE)
« Frühling In Paris »
« Amerika »
« Engel »
« Sonne »

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23h30. C’est la tête pleine de refrains et les yeux pleins de pyrotechnie que nous repartons et que les navettes commencent leur longue litanie pour ramener les festivaliers dans la capitale.

Mais alors, quel bilan tirer de cette première édition du Download version Française ? Premièrement que l’organisation est à grandement améliorer : que des festivaliers aient loupé le concert de Gojira, plus de 2h après l’ouverture des portes est difficilement admissible. Deuxièmement : le cashless est à revoir, les files d’attentes ayant souvent dépassé la logique et bon nombre de gens n’avaient pas compris que ce système était obligatoire. Enfin, si le rythme posé des concerts et l’affiche éclectique et osée (THE INSPECTOR CLUZO à 21h, BIFFY CLYRO dans un festival métal et SKINDRED relativement tard également) sont à saluer, le son était tout bonnement médiocre, même si il s’est amélioré sur la fin du week end. En définitive, il s’agit d’une première édition avec son lot de points positifs et négatifs même si par moments le sentiment d’essuyer les plâtres était un peu prégnant. Par contre s’il veut s’installer définitivement, le festival devra clairement corriger ces points là, afin de devenir non pas un concurrent, mais plutôt une alternative au Hellfest (qui se déroule cette année une semaine plus tard). Live Nation aura fort à faire en 2017, mais il est clair que le Download festival France peut s’imposer comme un événement majeur de la scène metal en France.

Gus & Shyanna

PS : N’étant pas Personnes à Mobilité Réduite (PMR), nous n’avons pas vraiment pu faire l’expérience des plateformes qui leurs sont réservées. Toutefois vu leur placement, nous doutons qu’ils aient pu correctement profiter des concerts. Un agencement du site à revoir ?

Crédits : Photos d’ambiance : NICKO GUIHAL, Photos d’illustration des groupes, site du Download. (désolée ce n’est pas notre habitude de mettre des photos de promo mais m’étant fait remettre a ma place quand je prenais des photos des concerts du public ben je n’ai que ça – Shyanna), Setlists : Setlist.fm.

17 juin 2016 Articles BLOG Webzine , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

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