NEUROSIS – Times Of Grace

NEUROSIS sort en 1996 « Through Silver and Blood » album d’une rare puissance, malsain et déprimant. Et avec « Times Of Grace », croyez-moi, la lumière est encore très loin d’apparaître. NEUROSIS se fait à nouveau prophète d’une apocalypse désespérante. C’est bien simple, cet album pourrait servir de bande originale au film La Route, c’est à peu près la même ambiance. Dépressifs et névrosés s’abstenir.

Attention ça va faire mal.

neurosisban

Sorti le 04/05/1999 sur Relapse Records

Tracklist :

1.Suspended In Light
2.The Doorway
3.Under The Surface
4.The Last You’ll Know
5.Belief
6.Exist
7.End Of The Harvest
8.Descent
9.Away
10.Times Of Grace
11.The Road To Sovereignty

Line-up :

Scott Kelly
Steve Von Till
Dave Edwardson
Noah Landis
Jason Roeder
Kris Force
Jackie Gratz
Jon Birdsong

Liens Utiles :

« Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre. » - Albert Camus

Oui, commencer une chronique par une citation c’est cliché mais je devais bien la commencer d’une façon ou d’une autre. Et pour tout vous dire, cette citation est parfaitement propice au sujet que je suis sur le point de traiter. Car chroniquer un album de NEUROSIS, c’est toujours s’attaquer au désespoir.

La première chose qui frappe sur cet album c’est la production, impressionnante et sans faille qui rend parfaitement justice à la noirceur maladive qu’elle dégage. Chaque note, de chaque instrument (y compris les samples, les claviers et autres instruments à vents) se distinguent impeccablement et plonge un peu plus l’auditeur dans les tréfonds de son âme. Car oui (et ce n’est pas faute de l’avoir répété) la musique de NEUROSIS n’est pas sombre, non, elle va bien au-delà. Le timbre si particulier et reconnaissable de Steve Von Till, hurlement rocailleux mâtiné de quelques gueulements, atteints sur « Under The Surface » son paroxysme de violence et de rébellion. Et même après de nombreuses écoutes, le résultat me colle encore des frissons et des terreurs nocturnes. Malsain, violent, dur, puissant, c’est simple dès qu’il commence la moindre ligne de chant on se retrouve face à un mur de haine et de colère.

L’une des autres forces de NEUROSIS c’est de savoir faire appel à toutes sortes d’instruments pour donner une autre dimension à sa musique. Ainsi la cornemuse torturée de « Descent » et la bombarde se lamentant sur « The Last You’ll Know », résonnent encore dans ma tête comme un appel à la tristesse et aux larmes. Et le martélement des rythmes plombés et des riffs acérés, augmente encore ce sentiment d’oppression, cette impression de s’enfoncer encore et toujours dans les recoins les plus sombres des instincts de l’humanité.

Les rares breaks, bouffées d’oxygène salvatrices, venant nous rappeler que la respiration n’est pas un automatisme, ne sont en réalité qu’un autre moyen d’errer vers le désespoir. « Away » dont la fin arrive comme une chape de plomb sur l’auditeur en est le parfait exemple tant les 5 premières minutes sont belles à en pleurer. De même, l’introduction de « Times Of Grace » monte en puissance vers l’un des riffs les plus lourds et les plus violents que j’ai jamais entendu.

En définitive, que retenir de cet album ? C’est une thérapie puissante, brutale et impitoyable, un exutoire malsain à la dépression, la colère et la rage. On ne ressort pas indemne de son écoute, car chaque note résonne longtemps dans la tête. Si cette musique retentit lors de l’apocalypse, je ne serais pas surpris. NEUROSIS reste la référence du postcore, sombre, torturé et violent et atteint encore la perfection d’un genre dont il est le maitre. Un album passionnant mais dont la découverte ne saurait se faire sans dommage.

P.S. : L’écoute simultanée de cet album et de « Grace » de TRIBES OF NEUROT vous ouvrira l’accès à un troisième album. Le résultat est déroutant.

GUS.

28 juillet 2015 Articles BLOG Webzine , , ,

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