HEADCHARGER – Black Diamond Snake

Il y a des albums dont il est impossible de parler, et ce, pour diverses raisons. Parce que l’on n’a rien à dire, parce que leur médiocrité n’appelle qu’un haussement d’épaule, parce que l’on n’est pas en mesure de le juger… Mais la plus grande difficulté c’est sans doute d’avoir affaire à un album tellement limpide que les mots manquent. Pour moi, « Black Diamond Snake » est de cette dernière catégorie.

Je ne peux pas décrire cet album tant j’ai le sentiment qu’en profiter autrement que par l’ouïe est superflu : c’est un album que tout fan de rock se doit d’écouter.

headchargerban

Sorti le 28/04/2014  sur Verycords

Tracklist :

1. Land Of Sunshine
2. The Diver
3. Don’t Wanna Change Your World
4. Backtracking
5. Heads-Up
6. One Night Stand
7. I Wanna See You Die
8. No Fate
9. Blazing Star
10. Time Rider

Line-up :

Sébastien Pierre (Chant)
David Rocha (Guitare)
Antony Josse (Guitare)
Romain Neveu (Basse)
Rudy Lecocq (Batterie)

Liens Utiles :

Un groupe, une bagnole, des tubes. Headcharger 2014.

J’entends déjà les haussements de sourcils dubitatifs devant une telle introduction, et je les comprends. Non, cet album n’est pas parfait et dès lors que l’on n’apprécie que la complexité technique et la recherche musicale Zappienne, on ne saurait y trouver son compte. Mais c’est justement là que se situe, pour moi, la force du quintet.

Ce cinquième essai reprend les acquis de « Slow Motion Disease » et les poussent encore plus loin dans l’efficacité et la puissance. Je ne compte plus les moments où, pris dans « Backtracking » ou « The Diver », je me suis vu transporté dans les grandes étendues de bitumes, ou seul existent l’homme et sa voiture. J’ai vu le désert, senti l’huile chaude, cuit dans la tôle presque fondue par le soleil. J’ai croisé les trognes burinées des vieux rockeurs qui ont marqué la route de leur empreinte, eux qui souriaient en voyant débouler les guitares, enfin matures, de ce loup désormais adulte que l’on nomme HEADCHARGER.

J’ai vu le garage crade de Seb, traversé la lourdeur du sable avec Romain, descendu des bières glacées sur les étapes avec Babz et Antony, laissé le volant à Rudy pour être sûr d’arriver à destination. Bref j’ai voyagé avec cinq potes dont l’enthousiasme, le plaisir de jouer ensemble et les histoires aussi barrées qu’étranges assurent un trajet que l’on se surprend à refaire volontiers.

Je me suis fait un nouveau film à chaque fois que j’ai profité du riff de « The Diver », je me suis battu dans un millier de bars sur « I Wanna See You Die », j’ai profité de couchers de soleils magnifiques sur « Blazing Star », je me suis reposé au coin du feu avec le blues de « Head’s Up », j’ai semé les flics au rythme de « Don’t Wanna Change Your World »… Mais finalement je n’ai jamais été seul, il y avait toujours ma bagnole, si vivante que j’ai cru à son amour en entendant « One Night Stand ».

Je ne peux me détacher du son de son moteur, clair, puissant, enivrant, qui donne presque envie de danser et de se briser les cervicales en balançant la tête. Cette pureté auditive grâce à laquelle on profite de chaque mouvement de piston, on entend chaque explosion, on ressent chaque tour de roue. Ce sont ces réglages qui entrainent une dangereuse obsession qui pousse à remettre le contact pour refaire un tour dès que possible.

Certains moments sont meilleurs que d’autres mais après tout c’est comme ça les vrais potes, ce n’est pas parfait mais on les aime quand même et on prend la route avec eux avec plaisir encore et encore. Alors rejoignez-nous, vous verrez, ça vaut le détour.

GUS.

4 novembre 2014 Articles BLOG Webzine , , ,

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