MARS RED SKY – Stranded In Arcadia

« Stoner ». Le terme est plus qu’à la mode depuis quelques années. En fait, depuis 2002 et la sortie de « Songs For The Deaf » des QUEENS OF THE STONE AGE, le mot est utilisé à toutes les sauces. A tel point que l’on voit tout un tas de groupes classés sous cette appellation sans qu’ils aient quoi que ce soit à voir avec KYUSS ou FU MANCHU. Et cette généralisation a deux facettes : d’un côté, elle donne un mauvais a priori de la musique de certains groupes tombant sous cette étiquette sans raison, mais de l’autre côté, elle permet au néophyte de se familiariser avec énormément de formations, très rapidement.

Et donc, me direz-vous ?

groupe-mars-red-sky

Sorti le 28 avril 2014 sur Listenable Records

Tracklist :

1. The Light Beyond
2. Hovering Sattelites
3. Holy Mondays
4. Join The Race
5. Arcadia
6. Circles
7. Seen A Ghost
8. Beyond The Light

Line-up :

Julien Pras (chant, guitare)
Jimmy Kinast (basse)
Matgaz (batterie)

Liens Utiles :

Stoner, doom et digressions stylistiques.

C’est un peu ce qui est arrivé aux bordelais de MARS RED SKY, catégorisés stoner un peu par hasard alors que leur musique est à peu près aussi proche de celle de KYUSS que MOTORHEAD est proche d’IRON MAIDEN.

« Stranded In Arcadia », second album des français en témoigne parfaitement : véritable invitation à la méditation contemplative, on se trouve devant une petite pépite de rock psychédélique à forte tendance de doom.

Dès les trois premières notes, que l’on croirait sorties d’une vieille radio à peine dissimulée sous un soleil de plomb, on est emportés dans les méandres de l’environnement d’un groupe unique. Et lorsque débute le riff central de « The Light Beyond » c’est l’orgasme assuré. Cette lourdeur qui s’abat sur l’auditeur, immédiatement contrebalancée par une voix quasiment féérique, qui sait se dédoubler pour créer une harmonie légère et aérienne, rappelant ainsi ce que l’on ressent sous les tropiques, entre soleil réchauffant et humidité écrasante, est parfaitement martelée par les percussions.

Tout l’album s’enchaine de cette façon, proposant à son auditoire un voyage presque initiatique dans un endroit à la fois connu et inconnu, qui joue perpétuellement avec les codes et les registres de toutes ses composantes (rah, cette reprise du riff principal sur « Beyond The Light » en fin d’album, quelle classe absolue). Chaque nouvelle piste se plait à enrichir l’expérience, à la complexifier tout en laissant apparaitre la beauté et la puissante clarté de l’édifice qui se construit sous nos yeux (le refrain fuzzy avec l’écho sur la voix de « Holy Monday », c’est pas magnifique ça ?). En plus de tout ça, il apparaît au fil des écoutes que MARS RED SKY raconte autant qu’il joue, chaque morceau dégageant une énergie et un feeling très différent qui pourtant s’avère complémentaire et parfaitement harmonieux, comme les chapitres d’un livre qu’on aurait lu dans le désordre et qui aurait révélé une nouvelle histoire parfaitement cohérente.

Mais attention, parce que sous ses dehors crasseux et gras, on est ici devant un album dont l’élégance concurrence le raffinement. Car chaque morceau est ciselé comme une pierre précieuse, travail d’orfèvre ou chaque note est pensée et réfléchie pour s’articuler autour du reste, permettant ainsi de profiter d’un album magistralement maitrisé du début à la fin, dont la production parfaite transmet chaque intention du trio à nos oreilles pour les enchanter pendant quarante minutes que j’aimerais voir durer une éternité.

Stoner, pas stoner… Au final devant un album de cette qualité, on s’en fout royalement et on se laisse mener par les six bras de ce ciel rouge de mars, jusqu’à être perdu en Arcadia. D’ores et déjà l’un des albums les plus planants et intéressant de 2014.

4 juin 2014 Articles BLOG Webzine , ,

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