TRUCKFIGHTERS – Universe

Qu’est-ce qu’un groupe culte ? Généralement on le définit comme ça : « un groupe qui fait preuve d’un énorme talent dans ses enregistrements mais n’a pas le public qu’il mérite ». Par exemple KING’S X et MANILLA ROAD sont des groupes cultes. Par définition c’est très personnel, c’est le genre de groupe qu’un fan de rock veut garder pour lui et ne partage qu’avec un petit nombre de personnes, triées sur le volet.

Et c’est parce que je sais que vous saurez les apprécier que je vous partage un de mes groupes cultes : TRUCKFIGHTERS.

TRUCKFIGHTErsban

Sorti le 24 Janvier 2014 sur Fuzzorama Records

Tracklist :

1. Mindcontrol
2. Chairman
3. Prophet
4. Get Lifted
5. Convention
6. Dream Sale
7. Mastodont

Line-up :

Ozo (Chant, basse)
Dango (Guitare)
Poncho (Batterie)

Liens Utiles :

Don't drink and drive but TRUCKFIGHTERS and fly!!

Formé en 2000 autour du duo Ozo (basse, chant) et Dango (guitare), leur premier disque « Gravity X », sorti en 2005, s’était imposé comme une nouvelle référence du rock fuzz, avec un son lourd, gras et aussi mousseux qu’une moquette shampouinée. Grand amateur du genre, c’est de façon particulièrement attentive que j’ai suivi leur évolution (marqué par « Phi » et « Mania », tous deux de fort bonne facture) jusqu’à aujourd’hui…

C’est encore une fois avec des étoiles dans les yeux que je me dois de vous parler de cet album et de vous en parler plus qu’en bien. Parce que « Universe », s’il change radicalement de « Gravity X » n’en est pas moins un opus qui frôle le génie.

Ecouter cette galette, c’est comme boire un verre de B52 (un excellent cocktail). Ça se passe en deux étapes. La première, c’est regarder le verre se remplir : s’il est bien préparé ses ingrédients se séparent en trois couches visibles. Et c’est exactement ce que l’on peut observer ici. Chaque instrument réussit à parfaitement se distinguer des autres. La guitare de Dango, la basse d’Ozo et la batterie de Poncho, sont parfaitement discernables et chacun des musiciens sait s’offrir des moments de gloire.

Le riff de « Get Lifted », entêtant et envoutant, est la parfaite démonstration du talent de bassiste d’Ozo. Celui-ci possède un toucher fin et délicat de plus en plus appuyé au fil du morceau pour devenir un mur sonore impénétrable. C’est sur « Prophet » que Dango montre une maitrise absolue de ses pédales et de ses effets, imposant à l’auditeur une expérience unique et un panel de couleurs aussi riche que magnifique. Et Poncho, s’il n’est finalement que très peu mis en avant, c’est sur « Mindcontrol » que le côté élégant et très aérien de sa frappe marque immédiatement les esprits.

C’est là qu’intervient la seconde étape du cocktail. Car si un B52 bien fait est agréable à regarder, c’est lorsqu’on le boit et que l’on mélange les ingrédients qu’il prend tout son sens. Et c’est la force de TRUCKFIGHTERS : ils sont bien plus que la somme de leurs individualités. Ainsi si la guitare et la batterie semblent sur deux plans différents, tout devient magique lorsqu’elles sont liées par la basse et le chant, devenant un tout qui dévoile l’univers des suédois. Il est très rare qu’un disque soit aéré par sa batterie, mais le contraste entre la lourdeur de la basse, le fuzz émanant de la guitare et la délicatesse de la batterie donne l’impression que Poncho survole ses deux compères et offre une bouffée d’oxygène à son auditoire, aidé pour cela par la voix d’Ozo, toujours aussi magnifique.

Sur le même modèle, chaque morceau de « Universe » est construit pour parfaitement compléter les autres, si bien que l’on a le sentiment d’être en face d’une longue pièce de 40 minutes. Prenez par exemple l’enchainement « Chairman »/« Prophet ». Si ils sont construit apparemment de façon similaire : couplet aérien/refrain puissant et fuzzy à mort, ce sont deux titres fondamentalement différents. « Chairman » est axé sur la progression du morceau, alors que « Prophet » est centré sur l’alternance entre les éléments qui le composent. Ce sont ces petites différences qui marquent et affirment leur talent de compositeurs. Mais la pièce la plus impressionnante de l’album reste le final : « Mastodont ». Ce morceau fait presque 14 minutes mais ne donne jamais l’impression d’être long. C’est comme si toutes les notes étaient finalement là pour nous porter et nous laisser admirer la mélodie qu’elles peignent pour nous. En plus, l’idée de faire évoluer ce morceau d’un rythme lent à un mid-tempo dévastateur permet de clôturer ce chef d’œuvre de la meilleure façon qui soit, en donnant immédiatement envie de le réécouter.

En conclusion, TRUCKFIGHTERS vient juste de déboiter la concurrence en ouvrant l’année par une sortie exceptionnelle. Tout, depuis l’écriture jusqu’à la production (que le groupe a entièrement réalisée) et au mixage est parfaitement maitrisée. Chaque morceau est une invitation au zen et à la détente. Chaque minute de cette œuvre est un pur plaisir. Chaque note est une réussite absolue. Un putain de groupe culte à découvrir d’urgence je vous dis.

23 février 2014 Articles BLOG Webzine , ,

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