MOTÖRHEAD – Aftershock

Là vous ne le voyez surement pas, mais je trépigne sur ma chaise. Je suis forcé de me contenir et de résister à l’envie de sauter partout, parce que taper une chronique quand on saute partout ce n’est pas évident. Si vous suivez les émissions régulièrement vous savez exactement pourquoi je dis ça en plus. Oui, MOTÖRHEAD a sorti un nouvel album. « Aftershock », « Contrecoup », c’est son petit nom. Et je vous avoue qu’au fond de moi, j’avais déjà décidé que ça serait l’album de l’année.

C’est ça le problème des fanboys, c’est qu’ils considèrent que leurs idoles ne peuvent pas faire de trucs mauvais (sauf « March Or Die », ça c’est à chier).

motorheadbanban

Sorti le 21/10/2013 sur UDR Records

Tracklist :

1. Heartbreaker
2. Coup De Grâce
3. Lost Woman Blues
4. End Of Time
5. Do You Believe
6. Death Machine
7. Dust And Glass
8. Going To Mexico
9. Silence When You Speak To Me
10.Crying Shame
11.Queen Of The Damned
12.Knife
13.Keep Your Powder Dry
14.Paralyzed

Line-up :

Lemmy (Chant, Basse)
Phil « Wizzö » Campbell (Guitare)
Mikkey Dee (Batterie)

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Le changement, c'est pas maintenant.

Mais le pire, c’est que même après l’avoir écouté, j’en reviens toujours pas. Le trio, dont la formation approche de ses 20 ans de longévité a réussi le tour de force de sortir une autre tuerie. Parce que ce 21ème opus, est une tuerie. A tous les niveaux. On y retrouve exactement ce que l’on cherche : des titres sous speed, qui forment l’ossature de l’album, sont la marque de fabrique absolue du trio et font mouche à chaque fois. Bien sûr, les détracteurs feront encore la fine bouche en expliquant qu’un titre comme « Heartbreaker » n’est absolument pas original, mais les fans, les « trves » savent exactement qu’il n’en sera jamais autrement. Pourquoi ? Parce que ça veut dire que le roi des rois est vivant.

Car non content d’être toujours en vie, il ne force pas sa voix et chaque note sort aussi naturellement que possible comme sur « Death Machine » ou l’on arrive même à comprendre l’animal, les petits effets de « Going To Mexico » sont aussi un ajout bienvenu, parce qu’inhabituel dans la démarche du combo. Mais le grand moment de l’album, c’est le trop court « Dust And Glass », sur lequel il se fait mélodique et fait ressortir son timbre éraillé et cramé qui vous prendra aux tripes du début à la fin. Mais la « Kilmister touch » ce n’est pas que cette voix unique qui fera pleurer tous les profs de chant de la planète, c’est aussi cette basse ronflante et martelante qui traine l’auditeur sur le sol de la première à la dernière note… Et la Rickenbacker sur Marshall est bien là, prête à vous arracher les tympans à la moindre occasion, (« Death Machine », « Silence When You Speak To Me »), à vous faire taper du pied (« Do You Believe ») et à vous envoyer du gros blues dans les gencives (« Dust And Glass »).

Mais on oublie trop souvent que MOTÖRHEAD ne serait rien sans les acolytes de l’homme le plus badass du monde. Sauf que dès qu’on oublie Mikkey Dee , les béliers qui lui servent de bras sont là pour nous le rappeler. A titre personnel, j’espère qu’à 50 piges je serais encore capable de battre comme ce mec. Parce que « Going To Mexico », c’est pas techniquement compliqué, mais c’est la parfaite combinaison de puissance et de précision rythmique qu’il faut. Tout comme la subtile accélération de « Last Woman Blues » est là pour vous donner envie de détruire l’accélérateur de votre bagnole et encore une fois le magnifique « Dust And Glass », dans toute sa classe et sa douceur, nous donne à voir la facette plus subtile et soft du batteur (qui tape quand même un peu comme un sourd). Rien à dire de plus, à part que Mikkey Dee est un batteur sous-estimé, qui ne fait jamais dans l’esbroufe mais est un vrai modèle à suivre pour son sens du rythme et sa précision de frappe.

Je vous le disais dans mon report du Sonisphère, celui qui a inondé Amnéville de sa classe ce jour-là, c’était Phil Campbell. Et bien c’est encore le cas sur « Aftershock »… Sans compter les riffs magistraux qui sont balancés sur chaque titre (« End Of Time », « Silence When You Speak To Me »), chaque solo est ici mémorisable et intervient systématiquement au moment idéal, « Going To Mexico » en est d’ailleurs le meilleur exemple, tout comme « Do You Believe », « Coup De Grace » (ou on a l’impression qu’il accélère le morceau à lui tout seul) ou « Silence When You Speak To Me ». Le gallois est omniprésent, armé d’un flegme perpétuel et d’une implication sans faille, riffant comme jamais et complétant parfaitement ses deux comparses, rendant ainsi MOTÖRHEAD percutant comme rarement. Après, on peut parler de la production de Cameron Webb qui, comme d’habitude, est absolument parfaite. On se prend un mur sonore dans la face… Nan mais comptez bien vos dents après « Knife », parce que je suis certain qu’il vous en manque. Pourtant adepte du numérique, le producteur a compris que la loudness war était l’arme ultime de MOTÖRHEAD, qui ne sonne jamais mieux que lorsque tout est à fond.

Et puis je vais arrêter là, parce que rien dans cet album n’est vraiment critiquable. « Aftershock » continue le travail de « Hammered », « Inferno », « Kiss Of Death », « Motorizer » et « The World Is Yours » en proposant un ensemble compact de morceaux qui, malgré un son toujours identique arrivent à trouver leur propre identité. Et si certains morceaux ne sont pas immédiats (« Keep Your Powder Dry » notamment) ils ne dérogent pas à la règle de qualité qui est celle de Lemmy depuis le début des années 2000.

Bref « Aftershock » c’est du MOTÖRHEAD. Les fans adoreront, tandis que les détracteurs useront des mêmes arguments pour le plomber. Et vu que Lemmy s’en fout, c’est pas près de changer. Tant mieux d’ailleurs.

22 octobre 2013 Articles BLOG Webzine , , , ,

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