FIVE FINGER DEATH PUNCH – The Wrong Side of Heaven and the Righteous Side of Hell, Vol. 1

Il existe dans le métal deux univers bien distincts. Le métal européen, essentiellement dominé par l’Allemagne et la Scandinavie, et le métal américain clairement dominé par… les Etats-Unis, forcément. Si le métal européen est marqué par le métal extrême et une certaine recherche du « classicisme » dans ses structures, le métal américain lui n’est jamais avare en innovation et se force à aller de l’avant. Le seul problème, c’est que les européens ont finalement assez peu accès à cette scène métal américaine, et que du coup certains groupes passent sous les radars (au hasard : CLUTCH, plus gros scandale de non-exportation de l’histoire).

Alors du coup, quand on apprend que la nouvelle grosse sensation du métal américain s’appelle FIVE FINGER DEATH PUNCH et qu’ils sortent la première partie d’un album double, pour peu qu’on soit un poil curieux, on essaie de découvrir un peu le truc.

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Sorti le 30/07/2013 sur Eleven Seven Music

Tracklist :

1. Lift Me Up (feat. Rob Halford)
2. Watch You Bleed
3. You
4. Wrong Side Of Heaven
5. Burn MF
6. I.M. Sin
7. Anywhere but here (feat. Maria Brink)
8. Dot Your Ass
9. M.I.N.E. (End This Way)
10. Mama Said Knock You Out
11. Diary Of A Deadman
12. I.M. Sin (version alternative avec Max Cavalera)
13. Anywhere But Here (version alternative)
14. Dot Your Eyes (version alternative avec Jamey Jasta)

Line-up :

Line-up:
Ivan Moody (Chant)
Zoltan Báthory (Guitare)
Jason Hook (Guitare)
Chris Kael(Basse)
Jeremy Spencer (Batterie, percussion)

Liens Utiles :

Coup de poing mortel sans concession ni regret.

Dès les premières notes force est de l’admettre, « The Wrong Side of Heaven and the Righteous Side of Hell, Volume 1 » tabasse. Ca tabasse même bien et de façon plutôt continue. Le son est puissant, la production léchée et le mix permet juste de s’en manger plein les oreilles pendant les 50 minutes que dure la galette. Et ce qui frappe dès le superbe « Lift Me Up », c’est Jeremy Spencer. Ce batteur est un métronome et fait clairement reposer toute la musique du combo sur ses épaules. On bat la mesure, on headbangue en rythme… rien à faire, son jeu d’une rigueur quasi stalinienne est redoutable et il est impossible de ne pas y succomber. Les nombreux breaks, changements de rythmes et surtout la puissance sont ici parfaitement maitrisés pour rendre la batterie capitale sans la rendre omniprésente. Un morceau comme « Dot Your Eyes » est une démonstration d’agressivité canalisée et de force de frappe calculée, la double pédale de « Lift Me Up » n’est jamais soûlante, sur « Anywhere But Here » on n’entend que lui, et pourtant le morceau ne perd rien en mélodie et en impact. Clairement un batteur de haut niveau.

Un groupe de métal ne serait également rien sans une bonne paire de riffeurs attitrés et l’on est obligé de s’incliner devant la délicieuse simplicité des parties proposées par le duo Zoltan Bathory/Jason Hook. Les riffs ne sont jamais très travaillés et pas forcément méga originaux, mais ça sonne tellement comme un coup de latte dans la tronche qu’on en a finalement pas grand-chose à faire. Prenons « Watch You Bleed » par exemple. La petite intro toute douce qui déboule sur une mur de grattes annonçant immédiatement un pogo dans la foulée, puis le petit pont à la lead qui aère le tout, c’pas super bien gaulé ? Les soli de Jason Hook sont aussi bien sentis, quoi qu’un poil typé années 80 par rapport au reste de la musique (mais celui de « Lift Me Up » est clairement juste badass) tandis que le labourage rythmique de Zoltan Báthory s’avère d’une efficacité redoutable (je suis amoureux du riff de « You » et du son de gratte de l’ensemble). Pas grand-chose à dire sur la basse de Chris Kael, ce dernier se retrouvant cantonné au rôle de 3ème guitare on le distingue qu’assez peu même si son association à Zoltan Báthory permet clairement de renforcer le coté impactant de la musique.

Et là… Là, maintenant on passe clairement à la cerise sur le gâteau. Ivan Moody est l’un des meilleurs chanteurs du métal actuel. Le mot est lâché. Je n’ai que très rarement entendu un mec aussi complet (pas depuis Corey Taylor en fait). Capable de passer d’un registre purement délicat comme sur l’intro de « Wrong Side Of Heaven » à un quasi growl violent et puissant sur « You », il est partout à la fois, surtout là où on ne l’attend pas. Restant parfaitement compréhensible en tout temps (fait très rare dans le métal), il met la dose parfaite d’émotion et de puissance dans toutes ses lignes de chant. Il réussit même le tour de force suivant : sur « Lift Me Up » il chante en duo avec Rob Halford (juste le métal god) et parvient à laisser un impact aussi durable que celui de la légende. Voilà une bonne idée du niveau du bonhomme. Situé donc à un croisement étrange entre Corey Taylor, Michael Poulsen (VOLBEAT) et Chuck Billy (TESTAMENT), Ivan Moody livre ici une performance magistrale et fait sonner les paroles les plus classiques du monde « Gives a rat’s ass what you think about me » de façon suffisamment puissante pour qu’on admette que c’est juste trop bien, respect.

Mais l’autre force de FIVE FINGER DEATH PUNCH c’est de savoir pondre des refrains de tueurs. Leurs morceaux sont parfois délicieusement basiques (« Burn MF ») mais sont systématiquement sauvés par un refrain accrocheur et immédiat. Les structures des morceaux sont parmi les plus traditionnelles et on sent parfois que le quintet a trouvé sa formule et n’en démordra pas. Qu’importe, ils l’appliquent souvent de manière plutôt convaincante et parfois avec un talent certain, ce qui rend l’ensemble assez homogène et plaisant à l’écoute. Des morceaux comme « I.M. Sin », « Lift Me Up », « Dot Your Eyes » et l’excellente ballade « M.I.N.E. (End This Way) » sont clairement des joyaux qui feront un malheur en live.

Cet album n’est pas exempts de défauts. La basse est inexistante, les effets sont parfois trop présents sur la voix d’Ivan Moody, et clairement certains morceaux sont en deçà du reste : « Burn MF » est parfaitement oubliable et « Diary Of A Deadman » est beaucoup trop différente du reste pour avoir sa place en conclusion de l’album. On pourra aussi lui reprocher le fait de patir souvent dans plusieurs directions sans jamais vraiment aller au bout de sa démarche. Pour certains la reprise de LL Cool J « Mama Said Knock You Out » sera clairement un problème (bien qu’après plusieurs écoute, le morceau passe comme une lettre à la poste).

Mais lorsque l’on fait ensuite la synthèse de tout ça on a quoi ? FIVE FINGER DEATH PUNCH est un groupe qui divisera très clairement les gens. On y verra soit du génie, soit un combo répétitif à mort. C’est le genre d’album que vous allez soit adorer dès la première écoute, soit détester farouchement dès le premier morceau. Mais objectivement« The Wrong Side of Heaven » est une franche réussite, bien construit, bien exécuté et taillé pour le live de bout en bout.

P.S. : je n’ai pas parlé des 3 bonus tracks, ces versions alternatives de morceaux présents sur l’album sont tout à tour décevante (« Anywhere But Here », mais je supporte difficilement la voix de Maria Brink sur les couplets), pas mal (« Dot Your Eyes » avec Jamey Jasta) et carrément classe (« I.M. Sin » avec Max Cavalera)

17 août 2013 Articles BLOG Webzine , , , , ,

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