KINGDOM COME – Outlier

J’ai toujours eu un profond respect pour les mecs tenaces, les types qui ont un rêve, un but et qui s’accrochent même quand ils sont au plus bas. Les vétérans qui même après 30 ans continuent de se battre et de changer, qui ne s’avouent jamais vaincu et qui se relèveront quoi qu’il arrive. Les Lemmy, les Anthrax, ce genre de mec à la mentalité « marche ou crève, moi je continuerais de marcher même mort ». Pourquoi une telle accroche pour la chronique qui va suivre ?

Parce que Lenny WOLF, la tête pensante de KINGDOM COME appartient à cette catégorie de mecs que je respecte profondément.

KINGDOMCOMEban

Sorti le 29 avril 2013 sur SPV / Steamhammer

Tracklist :

1.God Does Not Sing Our Song
2.Running High Distortion
3.Rough Ride Rallye
4.Let The Silence Talk
5.Holy Curtain
6.The Trap Is Alive
7.Skip The Cover And Feel
8.Don’t Want You To Wait
9.Such A Shame
10.When Colors Break The Grey

Line-up :

Lenny Wolf (Tout et même le reste)
Eric Foerster (Guitare live)
Frank Binke (Basse live)
Nader Rahy (Batterie live)

Liens Utiles :

Lenny Wolf, homme orchestre.

Après plus de 30 ans de carrière, l’allemand a tout fait, ou presque, et n’a jamais regardé en arrière, continuant de faire évoluer le son et l’image de son groupe avec une reconnaissance certainement insuffisante vu son talent, sortant pas moins de 12 albums entre 1988 et 2009, mettant un frein à ce rythme soutenu après la parution de « Magnified ». Quatre ans plus tard, me voici donc en présence de « Outlier », le petit dernier, dont je vais m’empresser de vous parler, là, tout de suite. Et la première tatane : TOUT l’album a été enregistré par Lenny Wolf himself, sur une période de 18 mois, dans son propre studio. Du coup le type se retrouve : compositeur, parolier, chanteur, guitariste, batteur, bassiste, ingé son et producteur. Les 18 mois prennent d’un seul coup tout leur sens, tant le taf accompli est dantesque pour un seul homme.

Au niveau du résultat final… l’album me laisse dubitatif. On est ici devant un mélange unique et assez original de hard rock aux sonorités parfaitement 80s et de rock industriel parsemé de claviers aériens et de samples impeccables. Le début de « Rough Ride Rallye » par exemple, avec plus d’une minute de techno presque digne de l’EBM moderne, m’a forcé à regarder plusieurs fois si j’écoutais bien le bon album. Et ça ne s’arrête pas là, l’ouverture « God Does Not SIng Our Song » ou encore « When Colors Break The Grey » en clôture sont sans cesse dans cet enchevêtrement de styles théoriquement ennemis, qui ici deviennent des amants passionnés et mélancoliques, connaissant leurs limites respectives mais faisant un plein usage de leurs capacités (nan mais sérieusement le refrain du dernier morceau, c’est pas juste une tuerie ?).

Vocalement, le hambourgeois a conservé son influence très « Robert Plantienne » mais a su se forger un timbre unique et assez phénoménal, et se montre ici d’une mélancolie saisissante et douce, empreinte d’une forme de nostalgie qui n’est jamais triste. Il fait preuve d’une puissance émotionnelle palpable à chaque note, et c’est particulièrement visible sur « Holy Curtain » ou « Don’t Want You To Wait », deux morceaux particulièrement marquants à nouveau. Tous les refrains restent (ou presque) dans la tête et sont le signes d’hymnes en puissances capables de faire hocher les têtes et taper les pieds.

Musicalement, on n’est pas devant un album profondément technique, pas de masturbation de manche ou de solo de batterie à la Bonham, mais on se retrouve devant une œuvre ou chaque note a son importance, ou tout le superflu a disparu pour concentrer l’essence même de ce qu’est le hard rock. Le riff de « Don’t Want You To Wait » est certainement le plus basique du monde, mais il remplit parfaitement son office, et se montre particulièrement puissant et efficace ; la batterie de « God Does Not Sing Our Song » prouve qu’il n’est pas nécessaire de claquer 2500 blast beats à la seconde pour tout défoncer. Et ça reste la constante sur tous les morceaux de l’album, tout est calibré pour faire mouche, les petites nappes de claviers sur « Running High Distortion » ou les chœurs de « When The Colors Break The Grey » sont du même acabit.

Certes tout n’est pas non plus parfait et les deux morceaux plus rudimentaires que sont « Let The Silence Talk » et « Skip The Cover And Feel » sont d’une banalité affligeante : le premier est redoutablement répétitif et reste dans la tête bien trop longtemps, alors que le second ma laissé une telle impression que j’ai dû me forcer à l’écouter plusieurs fois pour en parler… Quant à « Such A Shame », s’il est définitivement sauvé par son génial refrain, ça reste à peine bon, sans rien apporter à l’ensemble.

« Outlier » est un album ambitieux et définitivement unique en son genre, une prouesse artistique, reflétant parfaitement la mentalité DIY(1) de son auteur. Complexe et diversifié, il est nécessaire de l’écouter à de nombreuses reprises pour s’y faire réellement et en saisir toutes les subtilités (ma première réaction fut : « tain, c’quand même méga basique et chiant comme album… »). Et c’est là que se pose le vrai problème de cet opus… On y accroche et on le porte rapidement au panthéon des surprises ou on n’y prend absolument pas gout et on se retrouve devant un hybride bâtard, qui fait parfois un peu réagir.

Et tout le problème de ma chronique est là… Je ne peux pas décemment lui flanquer une note, tant mes impressions sont fluctuantes… Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il est IMPERATIF d’écouter cette dernière livraison du sieur Lenny « KINGDOM COME » Wolf, pour se faire une idée, et qui sait, peut-être que vous y trouverez votre bonheur, moi je sais que le voyage en vaut vraiment la peine.

GUS.

A écouter impérativement: « God Does Not Sing Our Song », « Don’t Want You To Wait », « When Colors Break The Grey »

(1)Do It Yourself, pour les non adeptes des acronymes.

23 avril 2013 Articles BLOG Webzine , ,

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