FULLFORCE – Next Level

Le plus difficile dans un travail de chronique, c’est l’intro. Vu de l’extérieur, ça a l’air parfaitement logique et particulièrement facile à écrire mais ça ne l’est pas. Il faut trouver un moyen d’attirer le lecteur, de l’accrocher, de lui donner envie de découvrir ce qui se cache derrière les premières lignes, de savoir ce que le chroniqueur doit dire. Avec certains ça coule de source, lca vient en un tour de main, on sait quel angle on va prendre. Mais avec le reste, c’est bien plus ardu. La direction à prendre n’est pas aussi limpide.

Un peu comme avec cet album de FULLFORCE par exemple.

fullforceban

Sorti  le 29 octobre 2012 sur SPV/Season of Mist

Tracklist :

1.Broken Dreams
2.Break It Crack It, Destroy It
3.Back To Life
4.A Night To Remember
5.Karma
6.Whispers
7.Smile At The World
8.Hate Love Drop It
9.Visions
10.Course Of Life
11.Awesomeness
12.Mysterious Ways
13.Strongest Thing Of All

Line-up :

Mike Andersson (Chant)
Stefan Elmgren (Guitare)
Stefan Rosqvist (Guitare)
Tommy Larsson (Basse)
Anders Johansson (Batterie)

Liens Utiles :

L'entresol supérieur.

Groupe suédois formé en 2008, FULLFORCE est composé exclusivement de vétéran de la scène heavy métal nordique. Ainsi, Stefan Elmgren est un anciens de HAMMERFALL, Mike Anderson est aussi le chanteur de SOUNSCAPE ou l’on retrouve aussi Stefan Rosqvist, tandis qu’Anders Johansson œuvre toujours chez HAMMERFALL, seul Tommy Larsson à la basse ne semble pas posséder un CV aussi rempli mais sa bio précise qu’il est actif depuis le milieu des années 80. Sans donc parler de « supergroupe », il est indéniable que les musiciens possèdent une expérience certaine, ce qui ne devrait pas nuire à la qualité du disque, bien au contraire. Le premier album du quintet, sobrement intitulé « One » était un album sympathique mais qui n’avait pas laissé son empreinte dans le monde du heavy métal mélodique. Le bien nommé « Next Level » tachera donc de faire mieux, la grande question est donc : y-est-il arrivé ?

Au niveau de l’exécution, rien à dire. Les musiciens sont impeccables à tous les points de vue. C’est propre, clair, concis et correspond impeccablement à tous les codes du genre pratiqué. La voix de Mike Andersson donne une certaines force à des morceaux comme « Broken Dreams », le puissant « Karma » ou l’efficace « Whispers », sorte de mélange entre tous les chanteurs existants, celui-ci réussit trouver sa place et s’avère assez reconnaissable après plusieurs écoutes. Anders Johansson, fait de qu’il sait faire de mieux derrière ses fputs et nous offre des parties rythmiques calibrées comme l’on peut aisément en retrouver chez HAMMERFALL. On se retrouvera donc souvent à taper du pied en rythme, le coté métronomique de frappeur restant l’une de ses meilleures qualités. La paire Elmgren-Rosqvist continue sur la lancée du premier album riffant de façon ultra classique et délivrant quelques solos assez sympathiques. Quant à Tommy Larsson, son jeu ultra-calibré fait le bohneur de la partie rythmique, restant le support sur lequel les guitares peuvent venir se greffer.

Et la vous avez toute la difficulté de la chronique de cet album. C’est lisse, sans vraiment aucune aspérité. On se retrouve avec finalement pas grand-chose à dire. C’est bien exécuté sans forcément être génial, ça oscille entre le bon et le franchement moyen. Et où est-ce que cela se ressent franchement ? Dans les compos bien sûr ! En intro, « Broken Dreams » laisse présager du meilleur, un titre puissant et accrocheur, qui monte en puissance et débouche sur un refrain ultra-calibré et des « oh oh oh » toujours sympathiques, mais celui-ci est suivi par un « Breal It, Crack It, Destroy It » sans saveur, au riff prévisible et lourd, qui tourne très vite en rond, et n’est même pas sauvé par son refrain, fade à outrance. A l’écoute, « Next Level » passe finalement sans trop de problème (sauf ce deuxième morceau, franchement raté) mais manque de grands moments. On sent que le quintet avance en sous régime et peine à accélerer. Pourtant on redresse parfois l’oreille, sur un « Back To Life », un « Whispers » ou la jolie ballade finale « Strongest Thing Of All » qui vient clore tout ça de façon inhabituelle mais particulièrement plaisante. Mais tout ce qui se passe entre ces morceaux la, entre par une oreille et ressort immédiatement par l’autre. « Hate Love Drop It » par exemple, possède quelques bons moments, mais dès que l’on entend « Course Of Life » on se retrouve sans aucune surprise.

La production et le mixage n’aident pas non plus le groupe, le faisant sonner de manière beaucoup trop générique pour qu’on ne se dise pas « Ah tiens, voilà tel ou tel groupe ». Les trois premiers morceaux par exemple, sonnent tellement comme du HAMMERFALL que seul Mike Andersson parvient à donner son identité à FULLFORCE. Les montées en puissance sont complètement étouffées tout au long de l’album, freinant considérablement le sentiment de puissance que l’on sent trop souvent arrive,r sans jamais qu’il soit la réellement.

« Next Level » n’est pas un album mauvais, loin de là même. Il reste le genre de sortie qui peut plaire à de nombreux fans du style, mais uniquement à eux. Des musiciens pleins de talent, dont on sent continuellement qu’ils peuvent mieux faire, des compositions trop génériques qu’on retient finalement assez peu et un son pas toujours aussi puissant qu’il devrait être, ce disque est réellement sauvé par des instants de génie (« Back To Life », défonce purement et simplement) et quelques chansons qui réveillent l’auditoire. Bref pour accéder réellement au niveau supérieur, FULLFORCE a encore beaucoup de boulot à fournir.

GUS.

Recommandées : « Broken Dreams », « Whispers », « Back To Life », « Stongest Thing Of All ».

24 mars 2013 Articles BLOG Webzine , ,

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