SERJ TANKIAN – Harakiri

Seppuku, communément appelé Harakiri désigne un rituel japonais de suicide par éventration (oui c’est un vrai mot) apparu aux environs du XIIème siècle. La technique est simple et vraiment documentée. Il s’agissait d’un moyen à utiliser en dernier recours pour le guerrier, lorsque celui-ci voulait expier ses fautes et racheter son honneur.

C’est aussi le nom du troisième album studio en solo de Serj Tankian, chanteur de System of a Down.

2SERJTANKIANban

Sorti 2012 sur Serjical Strike Records

Tracklist :

1.Cornutopia
2.Figure It Out
3.Ching Chime
4.Butterfly
5.Harakiri
6.Occupied Tears
7.Deafening Silence
8.Forget Me Knot
9.Reality TV
10.Uneducated Democracy
11.Weave On

Line-up :

Serj Tankian (Chant)
Dan Monti (Guitares)
Mario Pagliarulo (Basse)
Troy Zeigler (Batterie)

Liens Utiles :

SOAD est mort, longue vie à Serj.

Alors pourquoi avoir choisi un tel titre pour son album ? Pour parler de la mort, thème vu et revu du métal ? Pas exactement. L’un des thèmes centraux de l’album est (selon l’artiste) le suicide animal. Si le thème semble bizarre (il ne s’agit pas d’un concept album non plus) s il s’agit bien de SERJ TANKIAN, alors ce n’est finalement pas surprenant. L’homme n’ayant jamais caché son engagement en matière de politique, d’environnement, de société. Et ses accomplissements commencent à être nombreux : poésie, musique, action caritative, et maintenant la symphonie (Orca son dernier projet en date fait appel aux fans pour le réaliser). Tankian est un artiste complet, cela ne fait aucun doute. Toujours est-il qu’il nous avait laissé sur notre faim avec « Imperfect Harmonies », son second album studio, certes un peu bancal mais regorgeant de bonnes idées. Et si nous avons appris une chose depuis le « hiatus » de SYSTEM OF A DOWN, c’est que la voix du brun chanteur au bouc a évoluée.

Et comme toujours, Serj nous montre qu’il a fait le même constat que nous. Ses compositions se sont adaptées à sa voix. Il nous livre un album reprenant tous les ingrédients qui font sa force. Les chansons se font moins heavy que SOAD et que « Elect The Dead » : « Deafening Silence » et son beat constant, presque hypnotique, ainsi que ses chœurs féminins délicats est un excellent moment, subtil et beau qui donnerait presque envie de pleurer sans que l’on sache vraiment pourquoi. Il y a aussi « Forget Me Knot » et son petit thème de piano qui porte la montée en puissance du refrain pour la calmer dès que cela est nécessaire. Les fans de la première heure ne sont heureusement pas en reste, l’éponyme « Harakiri », e morceau d’ouverture « Cornucopia » et surtout le surpuissant « Figure It Out » avec sa guitare, sa batterie particulièrement carrées et son riff parfait sont des morceaux particulièrement accrocheurs qui ne jureraient pas avec « Unthinking Majority » ou « Left Of Center ».

La voix est une nouvelle fois magistrale, oscillant entre une mélodie faite d’émotion brute (« Occupied Tears », « Deafening Silence ») et un rythme saccadé et agressif (« Uneducated Democracy »). Mais que dire d’autre ? Il virevolte, joue, vibre, explose, pleure, rit, emmene l’auditeur précisément la ou il le souhaite. La chanson « Reality TV » est ici son meilleur tableau, ses vocalises de basse mêlées à un refrain lyrique mélodique du plus bel effet et son analyse prenant pour cible ce qui se prétend la « réalité » de la télévision. Les paroles sont tout au long de « Harakiri » particulièrement inspirées et constamment dans le juste.

L’arménien a visiblement appris de ses erreurs, et la ou ses deux précédents méfaits utilisaient la musique comme support de sa voix, il réussit parfaitement le mélange des deux, chacune des composantes se mettant au service des autres. La basse et la batterie sont ici utilisée bien plus richement que par le passé (« Figure It Out », « Weave On », « Uneducated Democracy »), les riffs sont particulièrement efficaces et accrocheurs, l’ensemble des instruments se montrants tout aussi changeant que la voix du chanteur. L’intro du morceau « Harakiri » et la frappe de batterie faite d’une puissance délicate, amenant les harmoniques subtiles et délicates de guitare. Et l’on ne manquera pas de féliciter les musiciens de studio pour leur interprétation quasi-irréprochable tout au long de l’album, chaque instrument semblant prendre vie à mesure que l’on avance dans les pistes.

On a le sentiment (bon ok, j’ai le sentiment, et j’suis peut-être le seul) qu’il a particulièrement écouté ses petits protégés de FAIR TO MIDLAND, tant ses compositions sont solides et intrinsèquement liées. « Cornucopia » nous donne envie de rentrer dans l’album, « Harakiri » de continuer l’écoute, « Deafening Silence » nous émeut et nous relaxe, « Reality TV » nous relance et « Weave On » nous force à remettre l’objet en route, comme si l’on se rendait compte que des éléments nous manquaient.

La bonne dose de puissance et d’émotion, une expérimentation intelligente qui n’en fait pas trop. Des chansons écrites mieux que jamais, des paroles somptueuses, des thèmes engagés et concrets. Un juste milieu entre toute la musique qu’il a pu nous livrer jusqu’à maintenant. Tout juste pourra-t-on regretter une deuxième partie d’album un peu plus faible que la première et quelques moments un peut trop étranges dans les morceaux, mais nul doute que SERJ TANKIAN nous livre avec « Harakiri » son album solo le plus abouti, enfin libéré de l’ombre SOAD.

21 novembre 2012 Articles BLOG Webzine , ,

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