TURBONEGRO – Sexual Harassment

Qu’est-ce qui fait un groupe ? Voila une question intéressante. Invariablement, l’image. Qui peut penser à SLAYER sans un pentagramme et les épées ? Que serait IRON MAIDEN sans Eddie ? SLIPKNOT sans les masques ? L’image est un facteur fondamental pour un groupe. C’est un repère, un ralliement pour les fans.Il y a aussi le son. Celui qui fait qu’en trois notes on reconnait MOTORHEAD, qu’en une seconde on sait que l’on écoute BLACK SABBATH, qui fait que l’on sait que c’est KYUSS.

Les instruments, la production, bref la totale.

turbonegroban

Sorti le 08 Aout 2012 sur Volcom Entertainment

Tracklist :

1.I Got A Knife
2.Hello Darkness
3.Shake Your Shit Machine
4.T.N.A. (The Nihilistic Army)
5.Mister Sister
6.Dude Without A Face
7.Buried Alive
8.Tight Leash Loose Jeans
9.Rise Below
10.You Give Me Worms

Line-up :

Tony Sylvester (chant),
Euroboy (guitare lead),
Rune Rebellion (guitare rythmique),
Happy Tom (basse),
Tommy Manboy (batterie)

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Et dire que ce n'est même pas puni par la loi !

Mais surtout, il y a le chanteur. Et c’est la que TURBONEGRO rentre en scène. Lorsque Hank Von Helvete est parti, beaucoup de fans (et votre humble serviteur le premier) se sont dits que c’était terminé, surtout vu le registre dans lequel on était habitué à entendre Tony Sylvester (1). Et c’est vrai, un changement de chanteur n’est jamais quelque chose de facile à surmonter, et cela se passe rarement très bien (Blaze Bayley, si tu me lis). Surtout que Hank était responsable d’une grosse partie de l’image du groupe, avec son maquillage excentrique, son éternel ventre de bière passant par-dessus sa ceinture, ses mimiques lascives dignes des plus grands bars à folles du monde. Bref, pour tout le monde, TURBONEGRO sans Hank, c’était inimaginable.

Et pourtant, comme bien souvent, le temps nous a donné tort, car me voici devant le dernier méfait des Norvégiens : le bien nommé « Sexual Harassment » (j’en ai presque pleuré de joie, tant un titre pareil place cet album sous les meilleurs auspices). Rien que la pochette est rassurante. Cette casquette en néon, enseigne d’un genre d’endroit ou l’on aime les péplums et qui fleure le bon gout et l’élégance. On frémit, on hésite, on se dit que c’est trop beau pour être vrai. On écoute… Et l’on se rend compte que l’on avait peur pour rien.

Dès que retentissent les premières notes de « I Got A Knife » on retrouve toute la puissance des riffs d’Euroboy. Acérés, puissants, faisant mouche à chaque fois, l’apothéose étant atteinte sur « Buried Alive » qui non content d’être l’un des meilleurs titres de l’album est aussi celui qui se rapproche le plus de l’ancien TURBONEGRO. On se retrouve à se trémousser à nouveau sur tous les titres, balançant son gros popotin moulé dans un jean trop serré de gauche à droite comme si nos vies en dépendaient. « Tight Leash, Loose Jeans », « Shake Your Shit Machine » fleurent bon le dancefloor, avec leurs petits claviers aussi kitschs qu’indispensables.

Et s’il ne fait pas oublier son incroyable prédécesseur, Tony Sylvester est sans aucun doute possible le meilleur remplaçant que le groupe pouvait trouver. Ce, d’autant que TURBONEGRO revient avec lui à un son bien plus Punk que sur ses dernières réalisations et l’on est bien plus proche d’un « Ass Cobra » que d’un « Retox », le Punk étant la valeur dominante de ce disque, avec des titres comme « I Got A Knife », « TNA (The Nihilistic Army) » ou encore l’hyper groovy « Buried Alive ». Ce, d’autant qu’il est aussi parfaitement à l’aise dans des registres beaucoup plus mélodiques, comme le démontre un morceau comme « Rise Below ». L’ex-leader des DUKES OF NOTHING remplit donc parfaitement sa mission dans un registre qui lui convient parfaitement.

Oui à nouveau le Death Punk de cette légende de l’underground fait mouche, avec des thèmes d’une subtilité délirante (pouvait-on faire moins classe que « I Got Erection » ? Oui, « Shake Your Shit Machine » !) mais il est vrai que l’on s’éloigne du caractère purement sexuel pourtant inséparable du groupe (rassurez-vous on a toujours notre quota de références anales), le coté horror punk de série Z (« I Got A Knife », « Dude Without A Face ») tout autant assumé n’en est pas moins parfaitement plaisant. Ne passons pas non plus sous silence l’impeccable performance de Tommy Manboy, batteur aussi simple et efficace que puissant et métronomique, qui nous permet de ne jamais perdre le rythme de nos déhanchés dans cette orgie punk décadente, servie par les soli de maitre d’un Euroboy (« Rise Below », un vrai petit orgasme sonore) un poil moins inspiré que d’habitude.

C’est d’ailleurs le seul vrai reproche que l’on peut faire à ce disque, on a parfois l’impression que le groupe s’est mis en roue libre, avec des morceaux comme « Hello Darkness » ou « Mister Sister » qui sans être mauvais sont quand même bien trop « normaux » pour le combo. Du coup, on se retrouve devant un album d’une solidité presque à tout épreuve, malgré une légère baisse d’inspiration par moments. Espérons que cela annonce une nouvelle carrière tout aussi prolifique que le chapitre Hank von Helvete. C’est en tout cas ce que ce nouvel album permet d’envisager.

Sur ce je vous laisse, je dois aller remettre mon string léopard et mes leggings en cuir avant de refaire mon mascara.

GUS.

Titres préférés : « Buried Alive », « TNA The Nihilistic Army », « Dude Without A Face ».

26 août 2012 Articles BLOG Webzine , ,

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